l'écritoire du séminaire

La fracture numérique : double et ouverte ?

catégorie : Réflexions — lOurs

Suite à un échange entre amis sur les usages de twitter, de facebook et des sites à « usage professionnels », du type sites d’entreprises, d’institutions, d’écoles… je viens de prendre conscience que ce que nous appelons communément la fracture numérique, avec ce goût prononcé de la drama novlangaise politicienne, est bien plus complexe que ce que les tenants du « attention au fin fond du plateau les câbles ne parviennent pas » tentent de nous faire croire.

Je découvre, avec délectation, depuis quelques temps l’usage des réseaux sociaux avec facebook et twitter et m’installe tranquillement dans ma condition nouvelle d’homo connecticus. Cela signifie simplement pour moi d’avoir un navigateur (Firefox bien sûr) lancé en permanence sur mon ordinateur avec un onglet ouvert sur Seesmic web qui va régulièrement mettre à jour les informations de mes comptes twitter et facebook. Je ne me connecte quasiment plus directement à twitter et facebook, mais surtout j’ai réduit de manière drastique le nombre de flux rss que je consulte quotidiennement, l’effet réseau social m’apportant les informations que je cherchais ailleurs habituellement. Pour la plupart des homo connecticus que je fréquente je suis en train de réinventer l’eau chaude et c’est même grâce à certains que j’accède à ce nouveau (pour moi) type de connection.

Or dans le même temps des personnes que j’aime sincèrement, fraternellement, qui disposent d’un cerveau de compétition capable de saisir et d’adhérer à l’éloge de la complexité dont Thierry Crouzet se fait si bien le chantre (dans L’alternative nomade par exemple) ne parviennent pas à comprendre l’intérêt de ces réseaux sociaux, pour facebook je comprends le doute, facebook est un peu un bac à sable destiné aux enfants dans un square où les animaux auraient quand même la possibilité d’entrer (je vous dis pas la tronche de l’eau du bain de retour à la maison…). Mais pour twitter l’intérêt premier est évident, je ne veux plus avoir à faire un mail pour avertir mes amis que je viens de mettre un billet en ligne sur ce site, je tweete (donc je suis et, surtout, vous suivez), si mes abonnés aiment ils relaient et si leurs abonnés aiment…

D’où ma réflexion sur la double fracture ouverte numérique, parce que finalement les mecs pas câblés sur le plateau ont trouvé des solutions pour l’être mais les nantis qui dorment sur le nœud de Free (rien de cochon) en ville, des fois ils n’ont rien compris. Je ne leur en veux pas, je ne les conspue pas. Je me demande à quel moment je n’ai (nous n’avons) pas su leur expliquer les usages et n’avons pas pris le temps devant un écran de les former s’ils en avaient besoin. Car je crains que si nous ne réduisons pas rapidement cette fracture bientôt la gangrène dictatoriale en profitera pour s’installer.

Déconnecté !

catégorie : Réflexions — lOurs

Homo connecticus, j’ai subi 48 heures de coupure totale de notre ligne, un téléphone quasi inutilisable pour cause de friture majeure et plus du tout de connection internet. Comment vivre, au moment où je passe la vitesse supérieure en matière d’usage du réseau, sans être connecté ?

Première constatation, ni facebook ni twitter ne me manquent vraiment, le flux d’information est tel que l’on ne peut même pas regretter de « rater » quelque chose. Tout simplement parce que l’on en rate trop. J’ai du mal par contre à supporter l’idée que les courriels que j’ai envoyés ou les réponses à ceux que j’avais reçu juste avant la coupure fatidique (si, si) vont rester « en suspens » . Que vont penser mes interlocuteurs, moi qui les ai, mal, habitués à des réactions relativement rapides ?

Autre chose, à force de considérer les données disponibles sur internet comme une extension de ma bibliothèque, de ma mémoire, je supporte difficilement de devoir aller farfouiller dans un dictionnaire papier et de ne pouvoir comparer les définitions (si ce n’est entre seulement deux éditeurs…). C’est là, d’ailleurs, que je me suis rendu-compte que je n’ai pas « changé » mon Petit Robert depuis 2006, alors que jusque là je faisais la « mise à jour » tous les deux ans à peu près.

Au-delà de la simple définition de mots, c’est l’aspect encyclopédique qui nous a manqué et c’est entre 10 et 20 fois par jour qu’au cours d’une discussion ma Douce ou moi avons eu le réflexe « d’aller vérifier » ou apprendre une information. Et d’échanger un regard frustré, voire desespéré…

Dans ma vie quotidienne j’ai beaucoup d’activités qui ne relèvent pas de la connection, travaux à l’extérieur, lecture, mon travail de graphiste (tant qu’il ne nécessite pas la gestion du contenu d’un site internet)… Or j’ai constaté que même en pratiquant des travaux physiques à l’extérieur le manque se faisait sentir, les travaux physiques, en dehors de leur utilité matérielle, me permettent souvent de faire le point, de réfléchir à un travail en cours et de projeter l’emploi du temps du reste de la journée. Et là, chaque fois que je me disais in petto « tu vas faire ci ou ça » qui nécessitait l’usage de l’internet ma frustration se faisait sentir. J’ai à ce moment pris conscience de ce que la connection faisait partie intégrante de ma vie, de ma pratique quotidienne. Or ce comportement est typique des conduites addictives. Dans ce cas il faudrait quantifier l’addiction mesurer sa dangerosité et, si elle est pernicieuse, définir un moyen de s’en débarrasser. Toutefois, dans un même ordre d’idée, je ne suis pas un fou de voiture, mais habitant à une trentaine de kilomètres de Montpellier (connaissant la qualité des transports publics de l’Hérault qui ne font même pas passer une navette dans notre village, posséder un véhicule privé est nécessaire) et y ayant diverses activités je serai gêné (frustré, en manque ?) si ma voiture était en panne au moment d’un rendez-vous de boulot, d’une sortie entre amis ou d’une séance mensuelle du séminaire. Ai-je pour autant une addiction à la voiture ?

En gros est-on accro à un outil ? Je n’ai pas la réponse, mais il me semble que lorsque l’on se retrouve à chercher des solutions alternatives pour être certain de ne pas rater ses courriels (smart phone par exemple), ou ne pas arrêter leur flot/flux, on se comporte comme quelqu’un qui n’ayant plus de bon alcool à boire se rabat sur le flacon d’eau de Cologne… Sachant que si je franchis le pas du smart phone, si modeste  soit-il, j’aurai également accès aux flux de facebook et twitter…

Si ça n’est pas une addiction mais simplement une évolution de notre société et qu’effectivement homo connecticus est le successeur d’homo sapiens alors je vais devoir coller un procès à Orange pour m’avoir maintenu diminué pendant 48 heures. Surtout que j’ai une ligne pro et que la réparation aurait dû intervenir sous 24 heures…

facebook : mon fils est mon ami !?

catégorie : Expérimentations,Questions — lOurs

Dans un élan d’enthousiasme effréné j’ai demandé à notre fils cadet d’être mon ami sur facebook. Je n’ai pas demandé à l’aîné parce que j’imagine qu’il n’a pas de compte facebook, mais peut-être me trompaige (de se trompéger, qui signifie commettre une erreur, néologisme en usage dans mon vocabulaire).

J’ai d’excellentes relations avec nos fils, peut-être même parfois qui dépassent le cadre d’une relation parent/enfant validée par la norme, les religions monothéistes et les psychologues, certains bars de Montpellier peuvent en témoigner… La plupart du temps nos fêtes sont intergénérationnelles, les amis des uns et des autres se croisent et échangent à loisir, en général pour le plaisir de tous.

Or pourquoi ai-je eu le désagréable sentiment de pénétrer une zone où je n’avais rien à faire en allant « voir le mur » de notre fils ? J’y suis resté environ 10 secondes, le temps de me sentir aussi gêné que si j’avais fouillé dans le sac de ma Douce ou ouvert son courrier. Le fait que nous n’ayons rien de spécifique à nous dissimuler n’y change rien.

Je pense que c’est ici un problème d’habitude propre à ma génération (aux précédentes et peut-être encore à une après moi). Le mur de notre fils est public (d’autant plus public que je ne suis pas certain qu’il ait activé correctement les paramètres de confidentialité de facebook), je ne transgresse aucun tabou en allant y jeter un œil, mais je me sens mal à l’aise de le faire. Quand je discute avec lui il me fait des confidences que je n’aurai pas fait à mes parents mais la qualité de nos relations fait que je ne suis ni gêné, ni surpris qu’il me les fasse. Pourquoi, alors, ai-je l’impression « de regarder dans son dos » lorsque je suis sur son mur ? Pourquoi ai-je le sentiment que ce mur est une part visible de lui que je n’ai pas à voir ? Alors qu’il m’a accepté comme « ami » et qu’il sait que je vais avoir accès à son mur. Mais l’a-t’il vraiment envisagé justement, le réflexe d’acception de l’ami n’est-il pas devenu un réflexe sans réflexion ? Un automatisme ? Dès-lors, moi « le vieux » ne suis-je pas en train de prendre en charge pour lui tous ces questionnements ? Et surtout, dans le monde qui se dessine ces questions seront-elles encore nécessaires ?

L’étape qui va suivre un monde totalement facebooké est celle où il va falloir choisir ce que l’on colle sur son mur et ce que l’on garde pour soi et le garder pour soi signifiera, j’imagine, ne jamais lui donner la moindre possibilité d’être publicisé.

Cela dit, en arborant un slogan sur un tee-shirt, voire une simple image, je dis avec autant d’impudeur que certains s’affichent sur facebook, ce que je suis (ou voudrais-être) et je le dis à tous ceux qui m’auront croisé ce jour-là. Facebook a juste plus de connections potentielles que de personnes que je croiserai dans ma journée.

Bon, un peu fouillis ce billet, manifestement, je suis plus plein de questions que de réponses en ce moment…

Facebook : et en plus c’est tout rose…

catégorie : Expérimentations — lOurs

Mon ami Éric (en vrai ET sur facebook) me fait très justement remarquer :

—  »Pour ton prochain billet, as-tu noté que sur Facebook tu ne peux « qu’aimer » ? il n’y a pas de « J’aime pas » comme option, bizarre non ? »

Effectivement, j’avais remarqué que « tout le monde s’aime » sur facebook ou s’ignore. Pas d’autre alternative, il va sans dire que cela m’a fait réfléchir et puis je me suis construit mon scénario de film d’horreur : un facebook où tu peux haïr !

Et oui, pas question de se contenter de ne pas aimer, dans un environnent qui use des mots comme le monde de la publicité tout est superlatif. Si sur facebook on est « ami », on « aime », l’alternative ne peut être que « ennemi » et « je hais ». D’où les forts probables : « lOurs a 3 697 289 ennemis » et « lOurs et Jeanne d’Arc sont désormais ennemis« . Je n’y peux rien j’exècre les pucelles illuminées qui ont des acouphènes.

Je parlais de film d’horreur, vu l’ambiance de cour d’école de facebook vous croyez que si l’on disposait de la possibilité de haïr elle ne serait pas utilisée pour organiser d’horribles lynchages résalduciens* dignes de Carrie ?

Pour une fois j’abonderai dans le sens des organisateurs de facebook, sur leur beau rézossocial il vaut mieux ne pouvoir qu’aimer. D’où la nécessité de relire Un bonheur insoutenable d’Ira Levin… Histoire de ne pas se perdre dans le glucose d’un monde rempli d’amis.

Autre problème, si on n’aime pas et que l’on n’est pas ami, on n’en parle pas et on ignore. Deux jours après avoir ouvert ce #$*%@# de compte sur facebook, une personne que j’ai rencontré deux fois dans ma vie m’a proposé de devenir son ami sur facebook. Vu ma prise de position dans mon premier billet, je ne me vois pas acceptant comme ça de devenir son ami, mais alors comment lui expliquer pourquoi ne voulais-je pas devenir son ami facebookien ? Je tournais et retournais dans ma tête les termes civils d’un courriel privé lui donnant les raisons du fait que même si j’étais très touché par sa demande je n’avais aucune raison de l’accepter. Et puis dimanche autour de morceaux de cadavres d’animaux en train de griller et de verres de céréales fermentées et distillées, mes amis (les vrais, ça devient compliqué) me disent :

— « Tu t’en fous tu réponds pas. »

Roooh, les sauvages ! Dont acte, j’ai cliqué « pas maintenant » et ma vie n’est pas bouleversée pour autant. Sauf que…

Sauf que si on pouvait être ennemi sur facebook et bien maintenant j’en aurai un. Un frustré, un méchant, empli de haine à mon encontre pour ce refus d’amitié, prêt à mettre son plus beau masque de hockey et à venir nous découper à la tronçonneuse mes amis et moi lors d’une de ces bucoliques partie de campagne dont nous avons le secret. (Et hop ! un scénario à trois balles pour Hollywood, dîtes pas merci les gars.)

Vous voyez, les organisateurs de facebook ont raison, il vaut mieux seulement s’aimer sur facebook… quitte à oublier toute la palette de sentiments possibles pour les humains.

——

Notes

* Il est pas beau ce néologisme, hein les sociologues ?

Facebook : son language refait l’histoire, la votre

catégorie : Expérimentations — lOurs

Continuons l’exercice, ces deux derniers jours j’ai continué à jouer sur Facebook, j’ai retrouvé des ami-e-s, des vrai-e-s et là j’ai positivement adoré la manière dont ce merveilleux réseau social les réintroduisait dans ma vie :

« Yves est désormais ami avec Machine Bidule et Truc Chouette. »

Il y a un rédacteur et/ou un traducteur qui a eu l’idée de me faire croire que jusqu’à présent j’étais une île sans connections, enveloppe vide prête à être remplie des amis que Facebook à la bonté de me procurer. On frise l’usage de la novlangue d’Orwell dans 1984, j’ai désormais, cela a de surcroît un petit aspect fatidique, vais-je pouvoir m’en débarrasser ? Facebook me dit (ou du moins je le comprends ainsi) : « Avant tu n’étais rien, tu as choisi de rejoindre mon réseau, tu ex—istes (sens premier : être en-dehors de soi) et ça c’est grâce à moi. » En gros c’est ce qu’essayent de nous faire bouffer toutes les religions, y compris celles créées par le capitalisme et si bien représentées par ses églises consacrées à l’hédonisme consumériste (Merci Pasolini).

Donc, Facebook réécrit mon histoire en se permettant (par son choix de vocabulaire) de marquer ma vie de ses pierres blanches, il veut donner un fort sens connoté par lui à des non-événements, finalement je suis ami avec Machine et Truc depuis des années, le fait que nous soyons « aussi » amis sur Facebook est dû uniquement à ça. Quid de ces années que Facebook n’a pas connu ? S’il le pouvait, ferait-il comme le pauvre héros aux ordres de 1984 et réécrirait-il des pans de ma vie pour qu’elle corresponde à ce que Facebook montre de moi ? Pire, si l’addiction est forte, vais-je à un moment, me comporter comme « je suis affiché dans Facebook » et modeler ma vie pour qu’elle s’y conforme ?

Paranoïa, me direz-vous ? Peut-être, mais les mots sont importants et je suis convaincu que les rédacteurs de Facebook ne les ont pas employé à la légère…

Encore des liens

catégorie : Liens — lOurs

Deux articles intéressant aujourd’hui sur Numerama :

http://www.numerama.com/magazine/16959-echec-des-creative-commons-et-necessite-de-reformer-le-droit-d-auteur.html

http://www.numerama.com/magazine/16955-surveillermonsalariecom-faire-confiance-moi-jamais.html

et Nil Sanyas réfléchit sur PC INpact :

http://www.pcinpact.com/actu/news/59673-edito-tri-information-actualite-twitter-face.htm

Bonne lecture !

Facebook : j’ai franchi le pas…

catégorie : Expérimentations — lOurs

Finalement, après moult tergiversations j’ai ouvert un compte Facebook. Honnêtement, sans pseudonyme, ni adresse bidon, avec mon nom et ma vieille adresse de courriel chez Free (la plus vieille).

Première surprise, à l’issue de l’inscription, le site me propose une série de personnes susceptibles de devenir mes « amis », je reviendrai plus tard sur ma perception de ce terme… C’est monstrueux, je connais toutes ces personnes ! De là à ce que je les considère comme des amis il y a un pas de géant, que je ne franchirai pas. Sur la douzaine de personnes « proposées » il y en a une que je considère comme une amie. Pour les autres cela me semble être un mystère, vite résolu. Au moment de l’inscription Facebook m’a demandé si je souhaitais lui laisser analyser mon carnet d’adresses pour me « permettre de retrouver mes amis plus aisément » (citation inexacte, de mémoire). Il va sans dire que j’ai refusé, je prends suffisamment de soin à me déplacer proprement sur internet pour éviter de laisser des traces partout. Or, mes « amis », au moins les plus benêts ;o) eux, ne s’embarrassent pas de tout cela. C’est tellement plus facile de se donner l’impression de faire partie d’une grande famille et de laisser le logiciel décider pour nous de qui sont nos amis. Et hop ! On coche la case.

Suite à la surprise, constatation, quoique je fasse pour être le plus discret possible — je ne parle pas d’anonymat, juste ne pas laisser des inscriptions partout à la bombe fluo sur les murs virtuels du réseau « lOurs was here » — je suis hyper traçable, retrouvable, avec ou sans compte Facebook, Messenger, Google, Skype et autres Twitter. Cela ne me fera pas changer mes habitudes, entre autre nettoyage total de mon navigateur internet (Firefox) chaque fois que je le quitte, cela me donne au moins la maigre satisfaction de voir Facebook ne pas me reconnaître quand je m’y reconnecte et l’oblige à me demander humblement de bien vouloir lui fournir mon identifiant et mon mot de passe. Si je veux !

Deuxième constatation, tronche de bouc et moi n’avons pas la même définition du mot ami. Pour lui, si je traîne dans le carnet d’adresse d’un mec dont je n’ai aucune nouvelle depuis cinq ans (et dont je me fous, de surcroît) pas soigneux qui ne le met pas à jour régulièrement et qui en plus le distribue à n’importe qui, je suis très fortement susceptible d’être son ami. Bon, à la rigueur, parce que je suis poli je lui ferai un signe de tête en le croisant dans la rue, pour moi c’est un vague contact. Un-e ami-e c’est un-e personne que j’aime, que je vois plusieurs fois par semaine, qui m’aide à entretenir l’affûtage de mon cerveau et l’état catastrophique de mon foie. Quelqu’un que je peux toucher, simplement effleurer, regarder dans les yeux avec qui s’instaure un mode de communication privilégié, fondé sur l’empathie et la durée. Les ami-e-s sont des amant-e-s avec lesquel-le-s on ne couche pas, quoiqu’il y a 30 ans j’aurai sûrement essayé. (j’ai été lapin avant d’être ours) Plus sérieusement, ai-je vraiment envie et besoin qu’un logiciel prenne ce genre de libertés avec/pour moi ?

Seconde surprise, mon ami (oui, un vrai, non, pas de câlin) Christophe, qui ne répond jamais, quasiment jamais aux mails réagit à mon apparition sur Facebook en moins d’une demi-heure en m’accueillant chaleureusement !

D’où la troisième constatation (peut-être un peu prématurée), les usages évoluent, les gens seraient-ils plus à l’écoute des réseaux dits sociaux ? J’ai déjà noté que mon plus jeune fils ne relève ses mails qu’une fois par semaine (dans le meilleur des cas) mais qu’il fait un usage intensif de Facebook et des SMS, s’il avait un smartphone je suis convaincu qu’il n’utiliserai plus l’ordinateur que pour taper ses devoirs et manipuler des documents lourds et que sa petite machine lui suffirait pour ses mails, Facebook et les SMS. Je mène en ce moment une expérience intéressante avec Thierry Crouzet (qui n’a pas encore accepté d’être mon ami sur Facebook, que dois-je en conclure ?) et il a fallu en passer par un groupe de travail Google, que je trouve peu pratique, si j’avais géré l’opération je me serai contenté d’une liste de diffusion privée gérée par mon logiciel de client courrier Thunderbird. Cette constatation me semble être une piste de réflexion qui restera longtemps ouverte.

Quatrième constatation, le temps devient fou, avec ce type de connection on passe dans l’instantanéité, je poste quelque chose, tous ceux qui sont en ligne réagissent, répondent tout de suite. Que dois-je faire ? Rentrer dans cette ronde ? Prendre le temps de rédiger mes réponses, vérifier l’orthographe, relire trois à quatre fois ? Attendre demain que j’ai bien mûri ma réflexion ? Si j’attends trop vont-ils se vexer ? S’ils se vexent resteront-ils mes amis dans la vraie vie ? Celles que je préfère avec eux ? Dois-je supprimer mon compte avant la catastrophe ?

Nostalgie, je pense aussi à Vincent l’épicier qui utilise avec son camion un des plus vieux réseaux créés par les humains, les routes, pour apporter dans notre village sans commerce — sans réseau social local, donc — quelques produits de consommation courante, les légumes du potager de son père et un beau sourire. Vincent qui souvent ne voit que deux ou trois clients durant les trois heures qu’il nous consacre… Les puéchabonais doivent faire leurs courses et acheter leurs amis sur internet, je présume.

Inutile de préciser que je ne serai ami sur Facebook qu’avec des gens qui sont mes amis dans la vie.

L’heure des comptes a sonné.

Des avis différents, un débat

catégorie : Liens — lOurs

Aujourd’hui j’ai lu trois textes qui professent des attitudes totalement différentes en matière de publicisation de textes en voici les liens :

Thierry Crouzet qui souhaite réinventer la blogosphère, Pascal Nicolas-Le Strat qui n’a pas envie d’ouvrir les commentaires sur son blog et Lionel Davoust qui, je le crains, aime bien l’aura d’élitisme qui plane autour des créateurs reconnus par l’économie marchande.

Je ne souhaite pas commenter plus avant ces textes ici, je les signale simplement pour alimenter nos futures rencontres.

Un projet commun doit-il tuer son père ?

catégorie : Questions — lOurs

Un projet fondé sur une gestion commune et un partage des ressources doit-il tuer son/ses père/s ?

C’est un constat que j’ai pu faire dans le cadre du jardin commun de Puéchabon dont j’ai été l’initiateur. L’année dernière la prise de responsabilité et l’engagement des membres de l’équipe était minimum et j’ai très souvent dû assumer d’une part les coups de bourre d’arrosage ou autre lorsque tout le monde était en vacance ou « à la rivière » et d’autre les nombreuses interrogations « on fait quoi ? On le fait comment ?… »

Or suite à une séance particulièrement pénible pour moi où j’avais l’impression de voir ce projet se transformer en cauchemar vivant (postures égoïste, irresponsables, manque de communication directe, négation des connaissances de l’autre…) j’ai décidé de m’éloigner du projet en expliquant pourquoi je le faisais dans un courriel adressé aux membres de l’équipe.

À compter de ce moment les choses se sont débloquées, chacun dans l’équipe a pris des décisions, s’est beaucoup plus investi dans le projet… et le jardin a survécu au mois d’août !

C’est pourquoi j’en conclu qu’un projet commun doit tuer son père pour vivre sans chef et en harmonie, la réflexion est ouverte.

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