Un projet commun doit-il tuer son père ?
Un projet fondé sur une gestion commune et un partage des ressources doit-il tuer son/ses père/s ?
C’est un constat que j’ai pu faire dans le cadre du jardin commun de Puéchabon dont j’ai été l’initiateur. L’année dernière la prise de responsabilité et l’engagement des membres de l’équipe était minimum et j’ai très souvent dû assumer d’une part les coups de bourre d’arrosage ou autre lorsque tout le monde était en vacance ou « à la rivière » et d’autre les nombreuses interrogations « on fait quoi ? On le fait comment ?… »
Or suite à une séance particulièrement pénible pour moi où j’avais l’impression de voir ce projet se transformer en cauchemar vivant (postures égoïste, irresponsables, manque de communication directe, négation des connaissances de l’autre…) j’ai décidé de m’éloigner du projet en expliquant pourquoi je le faisais dans un courriel adressé aux membres de l’équipe.
À compter de ce moment les choses se sont débloquées, chacun dans l’équipe a pris des décisions, s’est beaucoup plus investi dans le projet… et le jardin a survécu au mois d’août !
C’est pourquoi j’en conclu qu’un projet commun doit tuer son père pour vivre sans chef et en harmonie, la réflexion est ouverte.

Si c’était une recette magique ça se saurait : tuez le père et tout ira bien ! Dans mon cas, j’étais la mère d’un projet et personne n’a repris la suite après ma démission ! Encore plus déprimant non ?
Es-tu sûr qu’il n’y a plus de chef au jardin de Puéchabon ?
Comment by Isabelle — 3 septembre 2010 @ 17 h 40 min
Chère Isabelle,
Je n’ai jamais laissé entendre que c’était aussi simple. Je ne fais pas de statistiques sur un seul cas, j’ai simplement posé une question issue des réflexions que j’avais à propos d’un cas unique, le jardin commun de Puéchabon. Ma conclusion tenait plus de l’humour que de la sentence.
Quant à savoir si un calife à a remplacé le précédent… Je ne saurai te le dire, il faut le demander à ceux qui participent encore à ce projet.
Comment by lOurs — 3 septembre 2010 @ 18 h 30 min
coucou! voilà une discussion qui me renvoie directement à un apprentissage fait il y a quelques années, dans un squat, où l’on organisait un noêl pour les enfants du quartier. Je participais à un petit spectacle sur les différents états de l’eau… Bref, on était 4, 3 dont je faisais partie très détente… on parlait, délirait un peu autour du sujet pour entrer dans les ressorts rigolos qui pourraient aussi plaire aux mômes, mais on n’était pas dans un scénario précis, l’ambiance impro était évidente sur une trame ficelée à l’avance dans nos discussions. La 4ème personne avait besoin que tout soit prévue, que les décors soient faits à l’avance. Quelques jours avant cette aprés midi pour les enfants, elle a commencé à stresser et à nous speeder, à nous orienter, à prendre des décisions en somme. A la fin d’une journée durant laquelle elle m’avait pris la tête avec ses critiques de notre non organisation, et quand elle est partie, j’ai eu une discussion avec l’un des mecs du groupe qui n’avait pas du tout réagi de la journée. Il me dit alors que beaucoup de gens dans le montage, la construction d’une action se sentent investis du sentiment de responsabilité collective qu’ils sont seuls à se donner. En somme, c’était elle qui s’était auto proclamée « responsable » voir « opérationnelle » pour nous tous. Il me disait aussi qu’il fallait la laisser faire sans en être touchée. Finalement, j’ai retenu de cette histoire cette phrase qui me revient souvent: « prendre des responsabilités sans que personne ne nous l’ai demandé » et les conséquences que cela peut avoir sur un groupe, à savoir, stresser! Bizarrement, un projet qui doit prendre, prend sans que forcément il y ait un chef. L’impulsion peut être donnée par une seule personne, mais à elle d’attendre que ça « prenne », et de laisser suffisament de place aux autres dans leurs approches, leurs idées; sans cet espace libre d’un investissement trop personnel il ne peut pas y avoir cette harmonie que l’on aimerait voir dans un projet qui nous est cher. Mais là est peut être le piège, si un projet nous emballe, on s’investit à fond. La difficulté est certainement de mettre son emballement de côté pour que chacun prenne la place qu’il souhaite prendre, en étant modestement une impulsion et non le chauffeur.
Voilà, je vous embrasse*
Comment by Mélina — 5 septembre 2010 @ 22 h 22 min
Je réponds aux deux premiers commentaires (Isabelle puis lours).
Il n’y a pas de chefs, ou alors tous « les membres » sont chefs.
Qui veut participer venir arroser désherber quand il le peut et venir récolter est le bienvenu.
Le démarrage, l’impulsion a été donnée et cela reste une excellente idée.
Chacun peut s’approprier cet espace jardin et l’améliorer en discutant et en prenant des décisions.
Je réponds à Mélina là, et je confirme qu’il faut laisser suffisamment de place à chacun pour que le projet fonctionne.
à suivre..
Comment by Schneider-Koskas — 8 septembre 2010 @ 10 h 16 min
sauf si nous vivons Babel et que nous avons sans cesse besoin de traducteurs… pensée cynique, à la sortie d’un week end placé sous le signe de l’incompréhension, de la difficulté à faire tomber les ponts de ces … de châteaux forts…
des bises chaleureuses à contre courant***
Comment by Mélina — 21 septembre 2010 @ 2 h 01 min